ManifesteTransformation digitale

Faire sa transformation digitale… oui mais pourquoi ?

Par 22 mai 2018

Rien ne sert de suivre les modes si au final vous ne créez pas votre propre style. Les entreprises doivent profondément revoir leur organisation et leur culture interne (notamment managériale), car ce sont les clés qui peuvent débloquer des transformations à peine entamées ou qui peinent à trouver leurs preuves (lire : Le management est-il le principal frein à la transformation digitale des entreprises ?). Si on se borne à lire et à écouter certaines entreprises intervenant dans telle ou telle conférence, on pourrait croire que la transformation digitale des leaders de l’économie française est bien entamée. Dans les faits, la réalité est très différente et les entreprises les plus avancées peinent à sortir de leur première phase de transformation digitale, celle de l’illusion et de la dispersion avec une vision floue.

Sortir de l’illusion de sa transformation digitale

Cette première phrase, celle de l’illusion de la transformation digitale, qui se résume à la multiplication des initiatives estampillées digitales (bien trop souvent proches du copier-coller du voisin), est parfois une étape nécessaire à certaines entreprises pour leur permettre de prendre conscience que se transformer ne peut pas se résumer à des coups d’éclat comme organiser des hacktathons, monter des incubateurs, ou nouer des partenariats sans lendemain avec telle ou telle start-up. Dans cette phase de l’illusion, on peut donner l’impression d’une transformation effective (annonce des budgets alloués, mise en avant du Chief Digital Officer…), comme-ci la communication de sa volonté de se transformer passait avant les preuves réelles de la transformation. Dans les faits, la question est simple : l’entreprise est-elle en train de se transformer dans la bonne direction ?

Rien ne sert de changer si on ne sait pas ce vers quoi on veut tendre, ce que l’on veut devenir. C’est la vision, le cap ; et le premier rôle d’un patron n’est-il pas de fixer et de montrer la direction ? La direction n’est pas une destination, c’est un chemin, une promesse, c’est le renoncement aux autres directions.

Sauf que beaucoup d’entreprises, dans le cadre de leur transformation digitale, ne savent pas renoncer : elles multiplient les initiatives, les empilent. Il est possible de voir le verre à moitié plein en se disant que du changement et de l’innovation sort toujours quelque chose de positif. Certains diront qu’il faut adopter la tactique du changement perpétuel ou du « moving change ». Maos ces soit-disant évidences se heurtent à la réalité opérationnelle de non-changement des entreprises sur des pans majeurs.

Organisation et culture les parents pauvres de la transformation digitale ?

À trop regarder du côté de l’innovation, on ne regarde pas assez les autres chantiers : l’organisation et la culture en sont les principaux. Chez SYSK, auditer et accompagner l’accélération de programmes de transformation digitale fait partie de notre quotidien. Souvent,  ce qui touche aux chantiers de la culture (soft skills, culture collaborative, culture managériale, culture digitale…) et à l’organisation sont les parents pauvres des programmes, au profit de la technologie. Oui, l’organisation de la cellule ou de l’entité en charge de la transformation digitale est généralement bien identifiée, mais quid des changements plus profonds (processus, mode de gouvernance, mode d’allocation budgétaire, matrice de performance…) et transverses (qui impactent toute l’entreprise de manière consolidée) ?

Bien souvent, on se rend compte que de la même manière que beaucoup d’entreprises ont plusieurs stratégies digitales, elles ont plusieurs interprétations du programme de transformation digitale. J’insiste bien sur le mot « interprétation ». Côté RH, côté marketing, côté IT, on peut très vite se rendre compte que la vision n’est pas partagée et que chacun comprend ce qui tend à l’arranger. Dans ce contexte, il est forcément dur d’évoluer et de changer une entreprise en le faisant chacun dans son coin, sur son périmètre établi… et défendu.

Changer, c’est renoncer. Changer, c’est remettre profondément en cause des chemins et des notions que l’on pense immuables et établis. Combien ont vraiment entamé ce changement ?